N° 0097 Du 04/10/2024

Au-delà des enjeux sécuritaires qui prévalent et divisent parfois certains pays voisins dans le sahel, ceux économiques se révèlent comme de véritables chantiers intégrateurs. Le cas du projet Transsaharien qui va du sud du Nigeria à l’extrême Nord de l’Algérie en passant par le Niger est très illustratif de cette réalité.
En effet, le 29 Septembre dernier à Alger, Mohamed Arkab, ministre algérien de l’Énergie et des Mines, a annoncé une réunion imminente entre les ministres de l’Énergie d’Algérie, du Niger et du Nigeria. L’objectif de cette rencontre était de faire le point sur l’avancement du projet de gazoduc transsaharien, une infrastructure d’envergure reliant ces trois pays. Ce projet, qualifié de « stratégique », est perçu comme une opportunité majeure pour renforcer la coopération énergétique régionale et diversifier les sources d’approvisionnement en gaz.
« Le projet qui s’étend sur 4.000 km d’Abuja aux côtes algériennes destiné à l’exportation du gaz nigérian a connu la réalisation d’une grande partie et il n’en reste que 100 km au niveau du Nigeria, 1.000 km au Niger et 700 km en Algérie, soit un total de 1.800 km », a précisé M. Arkab.
Lors de sa rencontre avec Sahabi Oumarou, ministre du Pétrole du Niger, le ministre algérien a précisé que les parties concernées sont déterminées à concrétiser ce projet de longue date. Il a également annoncé la tenue d’une réunion ministérielle tripartite dans les plus brefs délais, dont la date et le lieu seront fixés en coordination avec le Nigeria.
Selon le ministre algérien, des études techniques ont déjà été entamées, et le suivi des progrès du projet se poursuivra lors des réunions du comité ministériel mixte et du comité technique, conformément aux objectifs tracés.
En parallèle, les deux ministres ont convenu d’intensifier la collaboration entre l’Algérie et le Niger dans le domaine des hydrocarbures. L’Algérie mettra à disposition de la société nigérienne de pétrole (SONIDEP S.A) son expertise pour former les cadres nigériens tout au long de la chaîne de production énergétique, partant de l’exploration et de la prospection jusqu’à l’exploitation, la production, le transport et la commercialisation. De plus, le ministre a exprimé la volonté de son pays d’accompagner le Niger dans le développement de sa pétrochimie, notamment en ce qui concerne le raffinage.
Concernant le projet pétrolier de Kafra, un champ situé au nord du Niger, le ministre a confirmé que la phase d’exploration est en cours de finalisation, et que les travaux d’exploitation seront accélérés. Selon lui, ce projet pétrolier dirigé par SONATRACH est entré dans sa deuxième phase, celle de la finalisation de l’exploration avant de passer à la phase d’exploitation. Il a également souligné que toutes les ressources nécessaires seront mobilisées pour assurer le succès de ce projet important, mené en partenariat avec Sonatrach, la compagnie pétrolière nationale algérienne.
Enfin, cette visite a permis de consolider les relations bilatérales dans le secteur énergétique. Plusieurs accords devraient être signés d’ici la fin de la visite du ministre nigérien, marquant une nouvelle étape dans la coopération entre les deux nations. M. Oumarou a salué le soutien constant de l’Algérie et « les deux parties sont convenues d’aller de l’avant pour concrétiser le projet du gazoduc transsaharien et de tenir une réunion ministérielle des trois pays concernés dans les plus brefs délais. La date et le lieu de cette rencontre seront fixés en accord avec le ministre du Pétrole du Nigeria ».
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